Identité

Identité

On se dit souvent qu’on est « comme ça », et pourtant !… Se trouver est un long processus, sinon une formation perpétuelle. Nous découvrons en nous des choses oubliées de celui que nous avons été, enterré sous les sédiments d’expériences accumulées, de déceptions laissées au fond de nos rêves, de satisfactions qui font oublier pour un temps la frustration de celui qui n’a pas réalisé ses vœux d’enfant… Il faut du temps pour se connaître et comprendre comment se raconter, s’identifier, comme en témoigne l’évolution ci-dessus de mon site web.

Je suis né en 1986. Où je j’aille, j’étais l’enfant qui dessine. Avant l’écriture, avant le cinéma, c’est par le dessin que je tentais de raconter des histoires, enfant qui décalquait Tintin, puis en quête de cette mimesis atteinte par les plus grands virtuoses. Avant de se prolonger par la réalisation de films, ma pratique artistique a été récompensée par le Premier Prix du Concours Général des Lycées en Arts Plastiques en 2004 pour lequel j’ai reçu les félicitations du Ministre de l’Éducation Nationale. « Vous êtes l’élite de la nation » proclamait François Fillon aux nombreux lauréats ; je souriais sans croire à ces mots, et sans oublier que la peinture que j’avais réalisé ne constituait qu’une infime réussite, une pierre parmi d’autres pour paver mon chemin. Aujourd’hui, le dessin n’occupe plus qu’une place réduite dans ma vie, se réduisant à être la fondation de ma formation visuelle.

Un jour, j’évoquerai mon enfance dans un film. En attendant, elle nourrit mes rêves, mes récits, mes projets. Mes longues études, mes réalisations de films ou mes recherches théoriques ne m’ont jamais fait oublier mon origine sociale extrêmement modeste (pour ne pas dire pauvre), qui n’a jamais constitué un frein à ma curiosité et à ma réussite scolaire grâce au soutien constant de mes parents. Je n’ai pas oublié non plus ce que m’ont appris des années de travaux alimentaires à interroger des locataires de logements sociaux au téléphone ou à faire des hamburgers à la chaîne ; et je n’oublierai jamais le travail acharné de mon père artisan. Mon histoire personnelle m’a naturellement conduit à vouloir aider chacun à satisfaire son besoin de connaissance, sa nécessité de développer son potentiel par-delà son origine sociale, tel cet enfant de grande section très turbulent, d’un milieu pauvre, qui ne cessait de me demander : « Tu as apporté des livres ? »

Oui, il faut du temps pour se trouver, pour comprendre ce qu’on a envie de raconter et de transmettre.