Recherches

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Je fais toujours dialoguer théorie et pratique, ma pratique du cinéma s’ancrant dans ma connaissance de l’Histoire du cinéma et des arts visuels, ainsi que de leurs enjeux. C’est pour comprendre les processus d’imagination, ainsi que les chemins qu’empruntent les images et récits pour se transmettre d’un artiste à l’autre, d’une époque à une autre, d’un support à l’autre, que j’ai entrepris mes recherches. L’essai dont je termine actuellement l’écriture sur le film Blade Runner (Ridley Scott, 1982) esquisse ainsi une généalogie des images du film, des tours de Babel de Brueghel aux bandes-dessinées de Mœbius. Par cet essai,  je poursuis mes recherches l’esthétique des adaptations de Philip K. Dick au cinéma entreprises pour mon mémoire de Master 2, soutenu en 2009, Blade Runner adaptant son roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? (1968).

Depuis mes études universitaires, ma pratique et ma réflexion théorique du cinéma ne cessent de se développer en parallèle, l’un nourrissant l’autre. Au cours de la rédaction de mon mémoire de Master, j’ai commencé à publier des articles tirés de ce vaste champ d’investigation que j’explore depuis une décennie maintenant. Depuis 2013, j’écris au gré de mes envies sur les blogs Éclats Futurs et Ouvre les Yeux, le premier prenant la forme d’un recueil d’articles sur la science-fiction, comme des « fragments de pensées », tandis que le second est consacré à l’esthétique du cinéma et des arts visuels.

Depuis 2011, j’interviens régulièrement lors de journées d’étude, conférences, tables rondes ou projections. Ma communication sur la drogue dans l’œuvre de Philip K. Dick, prononcée lors d’un séminaire sur l’addiction et la créativité à l’hôpital Tarnier (Paris), a été publiée dans la revue Psychiatrie, Sciences humaines et Neurosciences du troisième trimestre 2015. Un article sur les origines de l’art baroque a été publié en 2017 dans l’ouvrage collectif Décentrement et travail de la culture (sous la direction de Sylvie Camet).

Essai sur le film Blade Runner (en cours d’écriture)

Dessin au pastel d'après le film "Blade Runner"

Lorsque je dessine au pastel gras la voiture volante ci-dessus, j’ai 14 ans. Nous sommes en l’an 2000, et je fantasme sur les photos du film Blade Runner (Ridley Scott, 1982) que je n’ai pas encore vu. Dans l’attente, terrible, je reproduis maladroitement le spinner de Deckard frôlant les buildings de la mégalopole. Le film de Ridley Scott fut mon épiphanie esthétique dès que j’en découvris les images sublimes et cauchemardesques dans un hors-série de L’Express magazine, consacré en 2000 au cinéma de science-fiction. Un passage du critique Jean-Pierre Dufreigne retint mon attention :

Blade Runner reste la meilleure adaptation (et trahison) d’une œuvre du génie de la speculative fiction, Philip K. Dick, et tout dickien même intégriste avouera que le film dépasse la nouvelle [sic] qui l’a inspiré. La scène, nocturne, ocre, devant un piano, où Deckard comprend que la femme qu’il aime est un être artificiel, est d’une stupéfiante beauté : celle du désespoir qu’il va devoir affronter.

(Jean-Pierre Dufreigne, critique de Blade Runner, in L’Express le magazine, spécial Cannes, semaine du 11 au 17 mai 2000.)

Je n’avais pas encore quatorze ans, ni vu le film mais, inspiré par ces mots, je voulais connaître cette bouleversante beauté, puis lire l’œuvre originale, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? de Philip K. Dick (1968). Ma vie esthétique n’a certes pas commencé à la vision de Blade Runner, mais ce film en fut en revanche son plus puissant accélérateur : lorsqu’il passa à la télévision après tant d’attente, en 2000, la beauté cauchemardesque de ce film m’atteignit au fond du cœur jusque dans ma campagne ardéchoise. Malgré le brouillard de notre mauvaise réception, c’était une révélation esthétique intacte dont l’attente fut aussi intense que sa vision.

Je me souviens qu’une image de Blade Runner s’était déjà imprimée dans la mémoire de l’enfant de onze ou douze ans que j’étais, juste une petite photographie représentant Harrison Ford, reproduite sur le mauvais papier d’un magazine TV, et ce titre tranchant que j’étais incapable de décrypter. Je ne sais pourquoi j’ai immédiatement été attiré par ce nom et cette image, peut-être parce que je reconnaissais Harrison Ford, l’interprète de quelques-uns de mes films favoris, les Star Wars et Indiana Jones, ou simplement parce que de tous les films annoncés dans Télé Loisirs, c’était celui dont le résumé me faisait le plus fantasmer. Pensez, un détective qui doit retrouver des êtres artificiels meurtriers, illégaux sur Terre ! Mais Blade Runner possède des profondeurs plus vastes que le nombre de ses rebondissements, assez peu nombreux. En effet, par la reprise du schéma du roman fondateur de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), et l’imagerie de sa mégalopole aux langues et cultures mêlées qui invoquent la tour de Babel et la dispersion de ses constructeurs, Blade Runner réactualise la science-fiction en puisant aux origines même du genre, et par-delà au récit mythique de l’apparition de la vie, de l’homme, et au mystère de sa génération. Le film invoque, par l’adaptation d’une œuvre de Philip K. Dick, les survivances qui traversent cette dernière.

Depuis le premier soir où j’ai vu à travers la neige hertzienne la replicant Rachel détacher ses cheveux, j’ai éprouvé le désir profond d’écrire sur ce film. J’étais un adolescent fasciné par le mystère du pouvoir d’attraction des images de ce film, que mes études de cinéma ont permis de nommer : photogénie, cette mystérieuse attraction qu’exerce certains sujets et objets sur une caméra, qu’a si bien décrit Jean Epstein. L’univers flamboyant de Blade Runner, si photogénique, est cauchemardesque. L’objet de cet essai que j’écris tente de comprendre la nature paradoxale de cette photogénie que j’ai ressenti si puissamment à la vision du film de Ridley Scott, même sur l’écran constellé de neige. Cet essai reviendra sur la création du film et analysera le travail d’adaptation du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques? dont le film Blade Runner est une transposition à la fois autonome et complémentaire.

Conférences et interventions sur la science-fiction et le cinéma

  • Février 2016 – Présentation du film Blade Runner (Ridley Scott, 1982) au cinéma Jean Vigo de Gennevilliers et débat avec les spectateurs.
  • Mars 2015 – Communication “Étincelles d’un cerveau cramé, la drogue dans l’œuvre de Philip K. Dick” dans le cadre du séminaire “Addictions et créativité” à l’hôpital Tarnier (groupe hospitalier Cochin, Paris). Article publié dans la revue PSN (Psychiatrie, Sciences humaines et Neurosciences) 3eme trimestre 2015, volume 13, disponible en ligne sur Cairn.fr
  • Septembre 2014 – Communication “La musique comme transmission du Réel dans l’œuvre de Philip K. Dick” lors des journées d’étude “Le son des autres mondes” à l’ENS Louis Lumière (Plaine Saint-Denis), organisée par l’université Paris 3 Sorbonne Nouvelle et l’université Paris-Est Marne-la-Vallée. Publication à venir.
  • Mars 2013 – Table ronde sur Philip K. Dick organisée par l’Institut Franco-Américain de Rennes, avec Étienne Barillier, Florian Treguer, festival Rue des Livres, Rennes Maurepas.
  • Février 2012 – Table ronde “Philip K. Dick : la carte est le territoire” organisée par les éditions du Feu Sacré, avec Pacôme Thiellement et Aurélien Lemant, festival Hallucinations Collectives, Lyon. Texte de présentation à lire sur Éclats Futurs.
  • Janvier 2012 – Conférence à l’occasion de la pièce Urbik/Orbik de Joris Mathieu, Théâtre de Vénissieux.
  • Décembre 2011 – Nuit Philip K. Dick organisée par CulturoPoing, table-ronde avec Thomas Cazals, Benjamin Cocquenet et Joris Mathieu, cinéma Lux, Caen.
  • Avril 2011 – Conférence sur Philip K. Dick pour introduire la pièce Au Revoir Monsieur Sarapis de Joris Mathieu, Théâtre de Vénissieux.

Articles et communications